1 - cb_neige
Au camp de base du « Kangch », après une énième chute de neige. Photo : Alexia Zuberer.
- De retour au pays, comment se passe la récupération ? Heureux ?!
- Ludovic : Physiquement, aucun problème par contre les retours d’expédition nécessitent toujours une « ré acclimatation ». Il faut un peu de temps pour « digérer » tous les moments intenses vécus en altitude. Quand une expédition se passe bien et c’était le cas du Kangch, l’expérience humaine est un aspect essentiel (à mon sens !). On parle souvent uniquement de l’aspect montagne, pour moi, les deux vont de pair…
Sinon heureux évidemment d’avoir réussi car ce n’était pas gagné jusqu’au sommet.
- Philippe : C’est toujours le bonheur de retrouver nos proches et un peu de confort après 7 semaines passées en expédition. Je suis rentré un vendredi, le samedi j’étais déjà en falaise, trop heureux de retoucher le caillou. Les jours suivants j’étais épuisé mais content de reprendre progressivement les autres sports. Finalement il m’a fallu 2-3 semaines pour récupérer complètement.
- Ludovic, tu étais déjà venu avec une expédition commerciale dans la région du « Kangch », d'abord en 2001 en repérage puis en 2003 pour l'expédition au Gimmigela Chuli : cette région a t-elle définitivement achevé de te conquérir ?!
- Ludovic : En 2001, j’avais tout de suite aimé la région pour l’aspect sauvage d’où l’envie d’y retourner sur un 7000 en 2003 avec des clients. A l’époque, je n’avais pas l’expérience suffisante pour envisager le Kangch sans oxygène mais le sommet, impressionnant quel que soit le côté, était resté dans un coin de ma mémoire… Les années ont passé, j’ai acquis de l’expérience et cette année, je me sentais prêt pour faire une tentative sans oxygène.
- Comment est né ce projet d'expédition, quels membres composaient l'équipe ?
- Ludovic : C’est moi qui ait monté le projet. Comme précisé c’était un objectif d’envergure que j’avais en tête depuis 2003 mais il m’a fallu quelques années pour acquérir l’expérience nécessaire à ce type d’ascension sans oxygène.
A la base, l’équipe était complètement différente, j’avais pas mal de copains intéressé. Mais plus le projet approchait, plus il y a eu de désistement ( !). Benoît, avec qui j’étais parti au Makalu en 2008 a été le premier à s’engager (été 2010), puis Jean-Marc au cours de l’automne 2010 (Makalu en 2008 et Gasherbrum 2 en 2010). J’avais rencontré Alexia en 2007 à l’Everest, je lui avais proposé ce projet. Elle a dit ok l’automne dernier. Jean-Marc était parti à l’Ama Dablam en 2010 avec Philippe et lui a proposé le projet. Philippe, que je ne connaissais pas s’est engagé en janvier 2011 et à proposé à Gorgan (Gasherbrum 2 en 2009) qui s’est inscrit en février 2010. J’ai connu Régine et Cédric par internet (ils ont vu le projet Kangch sur mon site expes.com), on s’est rencontré en décembre et ils se sont engagés en février.
Au final, le groupe a super bien fonctionné et on repartira sans doute ensemble dans le futur…
- Philippe : Au départ je voulais organiser une expédition légère sur le Makalu. J’ai contacté Jean-Marc avec qui j’étais parti plusieurs fois et il m’a dit qu’il allait sur le Kangch avec Ludovic. L’idée m’a plu tout de suite. J’ai contacté Ludovic, le courant est bien passé, nous avions tous la même approche pour cette expédition et j’ai décidé de partir sur le Kangch au lieu du Makalu. Ensuite j’ai proposé à Gorgan de se joindre à nous et lui aussi a changé d’objectif (il avait prévu de partir sur le Shishapangma).

2 - Equipe

En haut de gauche à droite : Gorgan Wildberger, Cédric Hahlen, Ludovic Challéat, Jean-Marc Wojcik, Benoit Rosset et Philippe Gatta.

En bas : Pemba, Régine Tornay et Alexia Zuberer. Photo : Philippe Gatta.

- Quelle stratégie d'ascension avez-vous employé ?
- Ludovic : Pour ce qui est de la stratégie, j’ai toujours une idée de trame avant de partir mais je pense que la clé sur des gros sommets est de pouvoir s’adapter en fonction des conditions de la montagne et de la météo. Cette année, il a neigé quasi tous les après-midi, il fallait donc refaire la trace tous les jours.
Pour éviter de s’épuiser, on a décidé de faire une acclimatation en un seul bloc sans redescendre au camp de base (5500m) : 1 portage au camp 1 (6170m) puis 8 jours de suite en altitude avec une nuit au Camp 1 puis déplacement du camp au Camp 2 (6400m, pas beaucoup plus haut mais avec 100m de descente puis une grande traversée). De là, on a fait la trace avec portage à 6700m puis 6800m puis montée à 7000m. 3 nuits à 7000m avec un jour de trace à 7200m et l’acclimatation était terminée. Dans l’idéal, j’aurais aimé repérer le dernier camp avant la phase de sommet mais on s’est retrouvé à 2 seulement avec Alexia à 7000m (pas d’autres équipes sur le montagne) et pas de trace. On aurait dépensé énormément d’énergie pour aller repérer le dernier camp, on a donc décidé d’en rester là pour la phase d’acclimatation.
Ensuite, j’avais expérimenté à l’Everest une phase de récupération de plusieurs jours à 4300m avant la phase de sommet qui s’est avérée très bénéfique. J’ai donc reproduit ce schéma avec une descente à Ramche (4450m) pour 4 nuits de récupération. La phase de récupération au camp de base ou plus bas lors d’une tentative sans oxygène sur un gros sommet me paraît essentielle. Sur 26 ou 27 expéditions sur des 7000 et 8000 et plus de 200 personnes emmenées en altitude, j’ai remarqué que la plupart des organismes se fatiguent au-delà de 8/10j à plus de 6000/6500m et qu’une phase de récupération est nécessaire avant de tenter le sommet. En plus, cette phase d’attente permet d’optimiser le créneau de sommet en fonction de prévision météo même si, comme cette année, ces prévisions peuvent ne pas être complètement exactes.
- Philippe : La stratégie était celle d’une petite équipe autonome, avec seulement 2 ou 3 Sherpas, un minimum de camps et peu ou pas de corde fixes. Pour l’oxygène, certains avaient décidé de faire sans, d’autres avec 1 ou 2 bouteilles. On a été un peu surpris par l’ampleur du Kangch, la distance entre les camps et l’abondance de neige donc au final nous avons dû faire 4 camps au lieu de 3. Mais pour le reste nous sommes restés assez proche de ce que nous avions prévu, le tout dans une excellente ambiance. Ensuite tout ne s’est pas exactement passé comme prévu ! Dès le départ nous avons eu beaucoup de problèmes avec les porteurs ce qui fait qu’une partie du matériel est arrivée au camp de base quand nous étions déjà dans les camps supérieurs pour s’acclimater. On a donc fait avec les moyens du bord. La partie entre le camp 2 (6400 m) et le camp 3 (7100 m) a été longue à ouvrir, car elle serpente entre les séracs et qu’il a fallu en équiper quelque uns. La météo n’a pas été très coopérative non plus avec des chutes de neige tous les après-midi. On a aussi manqué de nourriture, donc au final on est resté moins longtemps que prévu au camp 3.
3 - C3_7100
Montée vers le Camp 3, vers 7100m. Le Jannu en arrière plan. Photo : Ludovic Challéat.
- Comment s'est déroulé le "summit day" pour vous et les autres membres de l'équipe ?
- Ludovic : On a quitté le camp de base pour faire un sommet le 17 mai. Rapidement, les prévis météo ont changé, d’abord pour le 18 puis pour le 19, puis mieux encore le 20. On a du faire des jours de repos au Camp 2 puis au Camp 3 pour s’adapter et on a décidé de partir le 18 au soir pour le 19, on n’avait plus de gaz et de nourriture !
Départ à 22h car il n’y avait ni cordes fixes ni trace et personne ne connaissait l’itinéraire, pas vraiment rectiligne dans la partie terminale. Le Camp 4 était à 7560m au GPS soit plus de 1000m sous le sommet. Toutes les personnes que je connaissais qui avaient fait le sommet m’avaient dit que la dernière journée était très longue, sachant que leur dernier camp était à 7700m. En quittant le dernier camp, j’étais donc loin d’être sûr d’aller au sommet : c’était plus long que prévu du fait de l’altitude de notre dernier camp, il n’y avait pas de trace, je n’avais jamais fait plus de 1000m entre 7600 et 8600m. On a finalement mis 11h pour aller au sommet et 3h de descente au dernier camp.
4 - ludo_phudorchiLudovic, 5ème français, sans oxygène, au sommet du Kangchenjunga avec Phu Dorchi.
Photo : Ludovic Challéat/Philippe Gatta.
- Philippe : Le premier problème a été la météo ; les prévisions que nous recevions étaient complément fausses et le temps plutôt chaotique. La fenêtre météo n’a pas cessé de se décaler au fur et à mesure que nous montions. On a donc attendu plusieurs jours de plus aux camps 2 et 3 et comme cela n’était pas prévu, on était vraiment limite en nourriture et en gaz. L’autre problème c’est qu’au moment où nous sommes partis pour le sommet, aucune équipe n’avait encore réussi à traverser le plateau supérieur pour atteindre l’emplacement du camp 4 (vers 7600 m). Il a donc fallu monter le matos et faire le camp 4 en même temps que nous montions pour le sommet. Enfin on avait convenu avec les autres équipes (une trentaine de grimpeurs) de faire cet effort ensemble et surtout de tenter le sommet le même jour pour se relayer pour faire la trace. Quand la fenêtre météo s’est décalée, tous les autres ont décidé d’attendre et on s’est retrouvé seuls.
Le jour du sommet le temps n’était pas terrible ; très nuageux avec même un peu de neige au début mais il y avait peu de vent. Au niveau de l’ascension, les 300 derniers mètres en mixte ne sont pas extrêmes mais jamais faciles et prennent donc du temps. En plus il y avait beaucoup de neige dans l’ensemble de la face et au final on a été bien plus long qu’on ne le pensait.
5 - gatta_phudorchiPhilippe, 4ème français au sommet du Kangchenjunga avec Phu Dorchi.
Photo : Philippe Gatta/Ludovic Challéat.
- Avez vous utilisé de l'oxygène ou non, pourquoi ?
- Ludovic : Personnellement, utiliser de l’oxygène en altitude est un « échec » puisque le défi en altitude est justement le manque d’oxygène. Mais ça n’engage que moi. On n’est pas tous égaux physiologiquement vis-à-vis de l’altitude et je conçois que certaines personnes qui ont moins de facilité utilisent de l’oxygène pour aller sur des sommets qu’elles ne pourraient sans doute pas atteindre sans oxygène ou en prenant trop de risques. Par contre, je pense qu’une approche d’alpiniste serait d’essayer de faire le maximum sans oxygène et non d’avoir recours à l’oxygène systématiquement bien avant d’atteindre ses limites…
- Philippe : En ce qui concerne l’oxygène, j’avais décidé dès le début d’en prendre un minimum. J’accepte l’engagement, la difficulté technique et physique mais je crains le risque de gelures et la perte des facultés mentales (qui font commettre des erreurs stupides). J’ai le sentiment que c’est du 50 / 50 et qu’on ne peut pas y faire grande chose. Pour moi l’oxygène avec un débit relativement faible permet de limiter les risques de gelure sans trop « piper les dés ». Peut-être que si je faisais plusieurs expéditions sur des 8000m chaque année j’aurais un avis différent mais ce n’est pas le cas ; j’essaye de concilier un boulotà temps plein, des projets en falaise, Trails et Ultras. Du coup je ne fais que quelques 8000 m et en les espaçant trop pour les tenter sans oxygène. Dans le cas du Kangch, si personne n’avait eu d’oxygène pour faire la trace, personne n’aurait fait le sommet.
- A quoi avez-vous pensé au sommet ? Quelle émotion par rapport aux autres grands sommets que vous avez gravi ? 
- Ludovic : A la descente ! Pas d’émotion particulière au sommet car je savais que la journée serait terminée au Camp 4 pas avant. Je savais qu’il y avait eu pas mal d’accident sur cette montagne à la descente et que sans oxygène, plus le temps passe plus on se dégrade à ces altitudes. Je ne suis pas resté plus de 15min au sommet, j’ai été le premier à m’engager dans la descente, je voulais aller le plus vite possible. La première fois au sommet de l’Everest, j’avais utilisé de l’oxygène à 80m sous le sommet. Ça change tout ! J’ai pu rester au sommet, faire des images, profiter… La 2ème fois en 2009, je n’avais pas d’oxygène et je ne me suis même pas arrêté au sommet pour faire des photos.

- Philippe : Qu’il est grand temps de redescendre :-). On a mis 11 h pour monter, la météo n’était pas terrible et on appréhendait la descente, donc les conditions n’étaient pas idéales pour apprécier le sommet. On est resté une dizaine de minutes et on est redescendu. D’une manière générale je n’éprouve pas grand-chose au sommet, je reste concentré et je commence à me relâcher et apprécier que lorsque je suis de retour au camp de base.

- Avez-vous eu une pensée pour Benoit Chamoux ou pour Érhard Lorétan qui vient de partir ? Au sujet de ce dernier, quand vous resituez son ascension de 1995, qui s'était passé en style alpin, avec juste un camp + un bivouac et en menant la majorité de la trace dans la profonde sans oxygène, qu'est ce que ça vous inspire ?!

- Ludovic : Une pensée pour Benoît quand on était sur la montagne, bien sûr…A propos de Lorétan en 95, respect, tout comme Béghin en 83.

- Philippe : Respect, inspiration et motivation. Je ressens la même chose en ultra ou en escalade où certains sportifs m’impressionnent vraiment.

- Vous êtes tous deux allés au sommet de l'Everest, Philippe en 2007, Ludovic par deux fois en 2007 et 2009. Vous cumulez à tous les deux 9 ascensions de 8000m désormais, Kangch inclus. Si vous comparez cette ascension à l'Everest ou à vos autres ascensions de 8000m, comment situeriez-vous le Kangch en terme de difficulté et d'engagement ?
- Ludovic : Pour moi, physiquement, l’Everest est indéniablement plus difficile. Je parle évidemment d’une ascension sans oxygène. De fait, le ratio sans / avec oxygène est beaucoup plus élevé sur le Kangch que sur l’Everest ce qui montre à mon avis (c’est ce que j’ai ressenti) que l’Everest sans oxygène est encore un autre monde…A l’Everest, je suis allé à mes limites, il faisait très froid ce jour là, Martine Marsigny s’est gelé la cornée à 8500m le même jour, je n’ai quasiment aucun souvenir de descente entre le sommet et 8400m.
Par contre, techniquement, la présence des cordes fixes change tout : pas de recherche d’itinéraire, pas de problème de descente et l’itinéraire est peu technique sur l’arête nord. Au Kangch, je suis arrivé au sommet après 11h d’effort complètement lucide avec pas mal de marge. Je me suis engagé dans la descente sans me faire de souci. Si j’avais été dans le même état qu’à l’Everest, je ne serai sans doute pas allé au sommet du fait de la descente à gérer sans corde fixe.
Ce qui était très intéressant au Kangch, c’est le fait d’avoir ni trace ni corde et de devoir « chercher » l’itinéraire par endroit. Quand on s’est retrouvé à 8200m sur les pointes avant des crampons dans la nuit sans vraiment savoir où se situait l’itinéraire, on savait que si on s’engageait plus loin, il faudrait avoir de la marge physique et technique pour redescendre. Benoît a décidé de faire demi-tour dans cette zone sans doute du fait de son manque d’expérience en très haute altitude (une seule expérience à 7400m). Alexia, beaucoup plus expérimentée, a décidé de faire demi-tour en raison de la technicité de l’itinéraire et de l’absence de corde pour redescendre.
- Philippe : Je trouve que le Kangch est plus dur est plus exigeant physiquement que l’Everest. A cela s’ajoute la marche d’approche qui n’est pas simple non plus. Le jour du sommet, le Kangch est plus technique, plus engagé et plus long (1000 m), par contre les conditions météo que j’ai eues à l’Everest étaient vraiment limites ; même en Antarctique et en Alaska je n’ai pas eu aussi froid. Donc la réponse n’est pas si simple.
- Pouvez-vous nous décrire l'itinéraire et si possible associer des cotations ?
- Ludovic : Je dirai que le Kangch serait côté AD dans les Alpes. Pour ce qui est de l’Everest, pas de cotation possible, il y a des cordes fixes tout le long ! Quant à l’engagement, je pense que l’Everest sans oxygène, malgré les cordes et le monde est très engagé car on ne peut pas compter sur grand monde en cas de problème à 8800m. Pour ce qui est du Kangch, engagement maximum également. Comme on a pu le voir lors de la disparition de Chamoux / Royer en 95, personne n’a pu faire quoi que ce soit…
6 - tracé VN
Le tracé de la voie normale en face Sud-Ouest. Le camp 2 est caché derrière l'arête.
Photo : Philippe Gatta.
- Quelques temps après vous, un sauvetage inédit a eu lieu entre les camps 2 et 3 pour Cléo Weidlich, première américaine sur ce sommet. Pensez-vous que le développement des secours en Himalaya, qui devraient permettre progressivement de désenclaver l'ensemble des régions du Népal, limite un peu le romantisme ou l'engagement des ascensions ?
- Ludovic : L’hélico a essayé dans un premier temps un sauvetage à 7000m, sans succès. Même si progressivement, quelques hélicos vont réussir quelques sauvetages entre 6000 et 7000m, je pense que compter sur des sauvetages pour s’engager un peu plus serait dangereux…
- Philippe : Paradoxalement j’ai peur que le développement des secours entraine une dérive de la pratique et un faux sentiment de sécurité. Les secours par hélico à ces altitudes restent aléatoires comme le prouvent les exemples de l’Ama Dablam (http://www.kairn.com/news.html?ident=73416 ) et celui de Cléo où il a fallu plusieurs jours pour la redescendre à 6400m avant que l’hélico ne puisse l’évacuer. Sans l’espoir de l’hélico, elle aurait été descendue et traitée plus rapidement. Personnellement je préférerais que l’engagement et l’isolement en Himalaya restent tels qu’ils le sont aujourd’hui.
- Il y a eu pas mal de summiters par la voie normale ce printemps, dont 6 sans oxygène. Pensez-vous qu'un développement des expéditions commerciales sur ce sommet est à prévoir ?
- Ludovic : En ce qui me concerne, je n’organiserai jamais d’expédition commerciale sur ce genre de sommet, trop de risques liés à la très haute altitude, le terrain technique, l’éloignement. Je ne pense pas que ce genre de sommet soit une cible privilégiée pour les organisateurs d’expéditions commerciales. Il n’y avait pas d’expédition commerciale sur le Kangch cette année.
- Philippe : Toutes les expéditions commerciales ne sont pas comparables. En l’occurrence la grande expédition commerciale qui était sur le Kangch réunissait une majorité de grimpeurs qui avaient une bonne, voir une grosse expérience Himalayenne (plusieurs sommets de 8 000 y compris le K2 pour certains) donc je ne suis pas sûr qu’on puisse la considérer comme une expédition commerciale standard. D’une manière générale le Kangch est un sommet engagé et relativement technique, en particulier le jour du sommet avec 1000 m de dénivelé et peu ou pas de cordes fixes, donc ce qui compte c’est le niveau technique, l’expérience et la forme de chaque grimpeur plutôt que le type d’expédition (commerciale, entre amis ou autres).
- Retournerez-vous dans le coin explorer d'autres sommets ?
- Ludovic : Dans l’immédiat, je ne pense pas retourner dans cette région mais je sais qu’il y a plein de beaux sommets à explorer et c’est dans un coin de ma mémoire…
- Philippe : Je ne pense pas, il y a tellement d’endroits où je rêve d’aller que j’essaye de varier les destinations autant que possible.
- Quel est votre prochain objectif himalayen ? Et ailleurs sur la vaste terre, il n'y a pas que l'Himalaya après tout !
- Ludovic : De mon côté, je pars au Manaslu fin août avec des clients puis en Péninsule Antarctique en janvier pour du ski exploration…

- Philippe : D’abord j’ai beaucoup de projets en falaise, quelque uns dans le Massif du Mont Blanc, et pas mal de Trails et d’Ultra (Sahara Race, Atacama, Gobi…). Côté expéditions, j’aimerais changer de région l’année prochaine et aller dans le Pamir en Inde. Ensuite on verra, ca fait déjà pas mal pour les 12 mois à venir. 

 

Pour retrouver toute l'actualité de Philippe Gatta et Ludovic Challéat et revivre les temps forts de l'expédition Kangchenjunga 2011, reportez vous aux websites :

http://www.philippegatta.fr/index1.html

http://www.expes.com/

7 - Gatta

Retour d'ascension, Philippe Gatta fatigué mais heureux à Tarphu ! Photo : Alexia Zuberer.

 

Les français qui ont touché la cime du Kangchenjunga :

- Le 15 Octobre 1981 : Michel Parmentier et Jean-Jacques Ricouard sont les premiers français à parvenir au sommet, sans oxygène, par la voie normale de la face Sud-Ouest. Jean-Jacques Ricouard se tue à la descente de la partie finale.

- Le 17 Octobre 1983 : Pierre Béghin parvient au sommet seul et sans oxygène par la même voie normale. Exploit remarquable, sachant qu'à l'époque très peu d'himalayistes ont osé entreprendre et réussi l'ascension d'un 8000 en solo. Récit à lire dans son livre « Les Cinq Trésors de la Grande Neige » aux Éditions Arthaud.

Pour revenir sur les évènements de l'ascension dramatique de Benoit Chamoux et Pierre Royer en 1995, le lien de l'article de Charlie Buffet paru dans « Libération » :

http://www.liberation.fr/sports/0101170340-les-derniers-jours-de-benoit-chamouxretour-sur-ce-jeudi-5-octobre-ou-l-alpiniste-choisit-d-aller-vers-son-reve